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La tension monte au CHPF

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Mise à jour du 10/08/2020 : Nathalie Boivin ne quittera finalement pas le service des urgences de l’hôpital. Les agents du service se disent donc soulagés et ravis de cette décision.

Alignés sur le parvis des urgences de l’hôpital, les agents du service applaudissent pour soutenir Nathalie Boivin, leur cadre. C’est son cas qui est à l’origine d’un débrayage d’une demi-heure ce mercredi matin.

Titularisée il y a peu au service des urgences, très appréciée par le personnel pour ses qualités, elle apprend qu’elle doit quitter le service.

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« Elle fait du très bon travail, indique un médecin des urgences. En plus ça fait une dizaine d’années qu’on attend une cadre comme ça dans le service HUR qui est le service d’hospitalisation des urgences. Donc nous on aimerait vraiment qu’elle reste dans notre service. Elle nous aide et c’est très important dans notre travail. »

Nathalie Boivin. (crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

« Je regrette que les chose en soient venues là, parce que j’avais tendu la perche pour que les choses s’arrangent, confie l’intéressée, réconfortée par le soutien manifesté par ses agents. C’est pas facile mais ils m’ont beaucoup aidée. Ça m’a aidée à tenir, à ne pas me mettre en arrêt et à assumer mes responsabilités jusqu’au bout. »

Le service entier s’accorde à dire qu’il y a un problème de management émanant de plus haut. Un problème de management dénoncé par le syndicat O oe to oe rima, qui pointe également du doigt des manœuvres d’intimidation et de harcèlement de la part de la direction. Avant Nathalie Boivin, plusieurs cadres de santé ont jeté l’éponge. Si la situation ne s’améliore pas, le mouvement pourrait s’étendre à tout l’hôpital.

« On ira plus loin, assure Mahinui Temarii, le secrétaire général de O oe to oe rima. Mais il faut que le Pays regarde ça, il faut qu’on arrête de prendre les gens pour des idiots, parce qu’on dépose des préavis à chaque fois et ça n’arrange rien du tout, ça créé toujours des problèmes. Alors soyons responsables et discutons. »

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Le cas du service des urgences ne serait pas isolé. Le personnel de sept autres services de l’hôpital subirait également de nombreuses pressions. Le syndicat CSTP-FO, venu soutenir le mouvement, rappelle que le problème ne date pas d’aujourd’hui.

« Le 7 juillet déjà, dans un communiqué, on dénonçait toutes ces pressions au travail, un management asphyxiant, et aujourd’hui on n’est pas étonné de ce mouvement, explique Mireille Duval, secrétaire adjointe de la CSTP-FO. Nous avions d’ailleurs averti la direction qu’à un moment donné ça allait exploser. C’est le cas aujourd’hui et ce n’est qu’un début. (…) Nous avions fait une grève l’année dernière et dans le protocole d’accord de fin de conflit du 3 septembre 2019, nous avions un point sur le harcèlement et nous avions demandé des rencontres qui se sont arrêtées depuis janvier. L’excuse covid, il y en a assez. Et ces situations, si elles perdurent, nous ce qu’on craint, c’est qu’un geste grave soit posé. Je ne souhaite pas que ça arrive, mais faudra-t-il attendre un drame pour réagir ? »

Selon le syndicat, la direction de l’hôpital s’est réunie après le débrayage du personnel. Celle-ci ne souhaite pas s’exprimer pour le moment.

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