Durant trois jours magistrats et jurés ont tenté de comprendre les raisons qui ont poussé ce père à tuer son enfant de moins de trois ans en l’étranglant. Pour l’avocate de l’accusé, le handicap dont tous deux étaient atteints pourrait être un facteur explicatif.
« Etant malheureusement touché un par un handicap physique très lourd, qu’il a porté toute sa vie, notamment durant son enfance, cela a fait écho au handicap de son fils. Donc ça a donné lieu à beaucoup d’insécurité : insécurité affective et insécurité financière. Le fait de ne pas pouvoir voir l’avenir, de ne pas pouvoir se dire que son fils va vivre ça et que lui non plus ne pourra pas le vivre avec son fils. Ce qui explique, à mon sens, l’irréparable », a expliqué, en marge de l’audience, Me Isabelle Nougaro.
Une thèse écartée par la partie civile comme part l’accusation. Selon la procureure générale, le dossier n’était pas celui d’un simple infanticide mais comportait des éléments de violences vicariantes. C’est-à-dire que l’accusé s’en serait pris à son enfant pour faire du mal à la mère.
Agé de 44 ans, l’homme, qui a présenté des excuses à sa belle-famille, ne souffre d’aucune pathologie psychiatrique, selon les experts avec lesquels il s’est entretenu.
« Il n’est pas malade. Il n’est pas dangereux en termes psychiatriques parce qu’il n’a pas d’empathie (…) et que c’est sa propre souffrance qui le motive », a indiqué l’avocate de la partie civile, Me Temanava Bambridge.
La culpabilité ronge, en revanche, les proches du petit Bryan. Ils ont déploré l’avoir laissé seul avec son père quelques instant.
« Cette culpabilité, il la porte. C’est une souffrance réelle. Alors que la culpabilité de l’accusé, on ne l’a pas entendue. Où sont les regrets ? », s’est interrogée Me Temanava Bambridge.
Le quadragénaire, qui encourait la réclusion criminelle à perpétuité, a été condamné à 30 ans de prison ferme. La session d’assises se poursuit, ce mercredi, au palais de justice de Papeete.