Le 13 décembre dernier, « le parquet de Papeete a reçu un signalement du directeur de l’école primaire Ahototeina de Teahupo’o (…) concernant une série de faits d’agressions sexuelles susceptibles d’avoir été commis par un chauffeur de bus de ramassage scolaire à l’encontre de plusieurs élèves », indique la procureure de la République, ce jeudi, dans un communiqué.
Un élève s’était plaint auprès de sa mère des agissements du mis en cause âgé de 64 ans. Celle-ci a immédiatement alerté un enseignant. D’autres enfants ont alors expliqué « que ce chauffeur avait pour habitude de toucher les fesses (…) et parfois leur sexe lorsqu’ils montaient et descendaient du bus, toujours par-dessus les vêtements ».
L’enquête menée par les gendarmes de Taravao a conduit à entendre plus de 50 mineurs. « A l’issue de ces auditions, trente-cinq enfants, âgés de 3 à 11 ans, rapportaient des faits d’attouchements de nature sexuelle. L’exploitation du système de vidéosurveillance intégré au véhicule de transport permettait de confirmer le comportement inadapté du chauffeur de bus à l’égard plusieurs enfants », indique Solène Belaouar.
En garde à vue, le sexagénaire a reconnu « avoir touché les fesses et les parties génitales de certains enfants par-dessus leurs vêtements ». Il a toutefois contesté « que ces gestes aient pu avoir une connotation sexuelle ». Selon lui, c’était une manière de corriger les enfants les plus agités.
Le chauffeur, qui souffre « de problèmes de santé chroniques (…) travaillait sur cette ligne de ramassage scolaire depuis la rentrée scolaire 2023« . Il a été « écarté par son employeur dès la révélation des faits« .
Présenté, ce jeudi, au palais de justice, l’homme a été poursuivi pour « agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, commis entre le 16 août 2023 et le 3 décembre 2024« . Il sera jugé le 24 mars devant le tribunal correctionnel. Il a été placé sous contrôle judiciaire jusqu’à cette date.
Il n’avait jamais été mis en cause auparavant pour de tels faits. En revanche, selon une source proche de l’enquête, il avait été déjà condamné deux fois pour conduite en état d’ébriété. Plus récemment, son employeur l’avait rappelé à l’ordre pour avoir laissé conduire sa petite-fille… qui n’avait pas le permis.