Caresser l’espoir de devenir militaire, c’est le rêve de nombreux jeunes des îles. Pour beaucoup, c’est l’école de la dernière chance, une porte de sortie : « C’est pour un meilleur avenir. Il n’y a pas de boulot ici, donc autant s’engager » confie Timiona Guilloux, habitant de Tumaraa. « Si, il y a du travail, mais les entreprises n’embauchent pas des gens qui n’ont pas de diplômes. C’est difficile pour nous » ajoute Rudy Tuturu, habitant de Tumaraa.
Certains n’ont pas hésité à braver les éléments pour venir depuis Huahine en bateau et repartir dans la foulée, preuve d’un réel problème dans le secteur de l’emploi. Et ils sont prêts à quitter le pays s’il le faut : « J’ai choisi de m’engager en France. C’est mieux pour pour ma famille et mon avenir » admet Rudy Tutura.
Politesse, respect, confiance, endurance… Telles sont les valeurs de l’armée qui, justement, facilitent l’insertion professionnelle. « De plus en plus, les entreprises recherchent des militaires formés à l’armée parce qu’ils ont une forme de discipline qu’on ne retrouve pas dans le civil » précise François Hauti, membre de l’association « l’amicale des Anciens combattants ». « On a des entreprises qui nous sollicitent et qui souhaitent notamment que leurs futurs salariés éventuels soient passés par le RSMA » indique le sergent Jean-Dominique Cichosz, recruteur réserviste pour le RSMA.
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Mais dans l’armée, la réussite est possible à condition de respecter certaines règles : « Premièrement, c’est la consommation de paka, c’est totalement rédhibitoire. Je leur dis : choisissez, soit c’est le RSMA soit c’est le paka. Ensuite, on leur demande des extraits de casier judiciaire, et il faut que ces jeunes n’aient pas eu de gros problèmes avec la justice. Et il y a l’aspect santé » explique le sergent.
Les personnes retenues devront signer un contrat d’engagement de 6 voire 10 ou 16 mois selon la formation choisie. Le RSMA en compte plus d’une vingtaine aujourd’hui.