Avant de prendre la direction de Moorea, Gérald Darmanin s’est rendu, au côté de Moetai Brotherson, au port de pêche, en pleine activité à ces heures. Sur place, le président du Pays a réaffirmé sa volonté de tripler, à terme, les volumes de pêche afin d’exporter davantage pour faire « entrer les devises » dans les caisses polynésiennes. Le chef de l’exécutif souhaiterait atteindre les « 15 000 tonnes annuelles » à l’export.
D’autant que la ressource le permet : « On a, chez nous, une méthode de pêche qui est éco-certifiée. On n’entend pas du tout en changer. Les stocks ont été évalués. L’expert nous a indiqué qu’on pouvait aller jusqu’à fois 7. Donc, tripler la capacité de pêche, c’est un objectif conservateur », a indiqué Moetai Brotherson avant d’ajouter : « aujourd’hui, ces poissons que l’on ne pêche pas, d’autres les pêchent quand ils sortent de notre ZEE. Autant les pêcher nous-mêmes ».
Mais tripler la capacité prendra du temps et aura un coût. Le président du Pays souhaite donc établir un partenariat avec l’État. « Aujourd’hui, il y a environ 80 bateaux. Donc, il faudrait 160 bateaux de plus (…) On n’a pas, aujourd’hui, la capacité de construire ces 160 bateaux et on n’a pas non plus la capacité de former 6 personnes par bateau. C’est donc un programme de 10 ans que l’on envisage (…) L’idée, c’est de réfléchir, ensemble, sur un contrat de partenariat avec l’État pour être accompagnés, à la fois en termes de formation et de construction ».
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Soutenir la formation des marins, mécaniciens et capitaines, c’est aussi ce que désire Georges Moarii, armateur. Mais pas uniquement. « Nous allons aussi lui demander -à Gérald Darmanin, Ndlr- d’alléger les modalités d’accession à la défiscalisation qui sont devenues très compliquées depuis 2 à 3 ans ».
« Au moment de sa venue en 2018, il nous avait octroyé la défiscalisation que nous n’avions plus depuis 15 ans (…) L’idée, c’était de lui montrer la progression, les avancées que nous avons eues depuis », ajoute l’armateur alors que l’un de ses navires entre au port les cales pleines de poissons. « La ressource est en bonne santé », assure-t-il.
« On a fait le bon choix dès le début en utilisant la technique de la ‘long line’. On pêche le poisson à l’hameçon et pas au filet. Donc, on ne pêche pas beaucoup. Et l’on pêche profond, essentiellement des poissons adultes. Les petits, en surface, sont donc épargnés », conclut celui-ci.