Interrogé par le célèbre quotidien britannique The Guardian, qui a publié l’entretien ce mardi, Moetai Brotherson a de nouveau exprimé une opposition tranchée à l’exploitation minière des fonds marins, estimant que les risques environnementaux surpassent largement les bénéfices économiques potentiels.
Comme s’en sont fait l’écho nos confrères de Tahiti Infos et Radio 1, le président du Pays met en garde contre les fantasmes démiurgiques des industriels comme TMC Company, pionnière dans le développement de l’exploitation minière sous-marine, qui a annoncé la semaine vouloir déposer une demande de contrats via la loi américaine, y voyant une meilleure chance de passer à l’étape industrielle que via l’organisme international dédié. « Nous jouons aux dieux avec le berceau de la vie – et c’est beaucoup trop dangereux » , a déclaré Moetai Brotherson dans l’interview.$
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L’exploitation des grands fonds marins, qui vise à extraire des minerais précieux tels que le nickel, le cobalt et le cuivre à plus de 200 mètres de profondeur, divise les états du Pacifique. Tandis que certains pays, comme les Îles Cook et Nauru, y voient une opportunité économique, Moetai Brotherson, lui, a indiqué aux journalistes anglais qu’il faudrait lui « passer sur le corps » avant d’envisager exploiter les grands fonds polynésiens.
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Selon lui, l’exploitation minière des grands fonds est un « leurre » pour les pays insulaires du Pacifique, qui pourraient voir cette pratique comme un « raccourci vers une meilleure situation sociale et économique » . « De notre point de vue, c’est très inquiétant, car cela crée un précédent et ignore également le fait que la pollution sous-marine n’a pas de frontières » explique-t-il, soulignant que la pollution issue de l’exploitation minière aux îles Cook pourrait finir par atteindre les eaux de la Polynésie française.
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Outre les enjeux environnementaux, Brotherson a également défendu sa solution d’un processus long vers l’autodétermination, selon un tempo défini par « le peuple » . « Je préfèrerais ne pas voir l’indépendance de mon vivant si elle est précipitée et mal faite » , a-t-il ajouté. Selon lui, le développement durable, notamment par le tourisme responsable, la transition énergétique et le renforcement de l’agriculture locale, constituent un préalable indispensable à toute émancipation.